Vidéo : Un préalable à la pratique du débat de qualité : savoir dialoguer

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La République24:24

Un préalable à la pratique du débat de qualité : savoir dialoguer

Conférence Canopé Lyon

Cette vidéo pourra vous servir de support pédagogique, afin d'organiser au mieux un débat.

Conférence de Didier Robert, Formateur, coach professionnel et consultant sur des problématiques de relations humaines. Durant la conférence de Madame Werckmann "Apprentissage du débat et citoyenneté", intervention de Monsieur Dider Robert : Comment faire pour mieux dialoguer et quels sont les bénéfices visés.

Quelles sont les causes d’un débat qui tourne mal ?

Penchons-nous sur une grille d’analyse qui s’appelle « les 3 zones » Cette grille est aidante dans des situations d’apprentissage.

La première partie de la problématique, ce sont les conséquences d’un mauvais débat. Situation bloquée, aucune avancée, et rupture. L’un des 2 a tort. Vous spectateurs, vous voyez 2 personnes sûres d’avoir raison. Vous savez que l’une d’entre elle a tort. A l’issue d’un débat, autant l’un que l’autre, on ne se sent pas forcément bien, on n’est pas dans une dynamique positive mais dans celle du « j’ai raison, tu as tort ». C’est une mécanique installée qu’il faut essayer de faire bouger.

Le non-respect du temps de parole de l’autre, une question fermée. Plus la personne est convaincue de ses dires, moins il écoutera les arguments de son interlocuteur, changer de sujet si on n’on arrive pas à ses fins.

« Pas d’écoute de l’autre » : les français ne sont pas trop bons dans ce domaine. Qu’est-ce qui empêche l’écoute ? L’émotion. Même en étant spécialiste d’un sujet, personne n’a une vue globale.

Prenons le cas des migrants : une personne peut-elle appréhender toutes les dimensions des difficultés de notre époque ? Pas sûr. Par rapport à un thème dont on a une réalité, une vérité avérée, il n’y a pas de débat. Au niveau des migrants, on peut discuter sur l’interprétation des chiffres mais on ne veut pas débattre sur les chiffres. Quand on débat, il faut bien séparer ce qui est incontournable, incontestable, de ce qui est difficile parce que l’on appréhende chacun qu’une partie de la réalité.

Qu’est-ce qui fait que les gens ont des opinions différentes ? Pour chacun, on a un parcours personnel différent. De fait on s’est construit des positions qui sont différentes. Si quelqu’un a toujours été élevé dans la violence, il ne saura juger que par rapport à la violence.

La problématique de la carte et du territoire

Prenons une carte de France : on peut avoir une carte des autoroutes, une carte des sentiers pédestres, une des pistes cyclables, on peut avoir des milliers de cartes.

Il y a une seule réalité, mais des milliers de cartes possibles. L’histoire des opinions différentes se résume à cela. Chacun a sa carte. On a tous une vision différente de la réalité de ce qui est ici, aussi bien topographique que sur l’intérêt. Pourquoi on s’oppose sur des sujets difficiles, c’est parce que l’on a une histoire particulière, on s’est construit un jugement différent. Le jeu est d’essayer de rapprocher les cartes, même si elles ne seront jamais identiques.

L’autre aspect est l’identification entre ma personne et mes idées : Supposons que l’un d’entre vous dise « il faut vraiment accueillir les migrants ». 3 positions possibles : « oui, c’est important ». Ou alors « oui, bon, allons-y » ou bien je peux péter un plomb parce que je suis tout-à-fait opposé. Résultat : à un seul stimulus unique vous avez au moins 3 réactions possibles. Moralité : Quand on réagit sur quelqu’un qui dit « je crois ça », on ne parle que de soi. Il faut donc parvenir à mettre une distance entre ses émotions et soi-même.  

Les 3 zones de confort

Les 3 zones de confort, risque et danger, c’est une grille de lecture des comportements. Ces zones sont dynamiques, elles peuvent évoluer. Comment élargir sa zone de confort ? Il faut aller dans la zone de risque. Plus on va dans la zone de risque, plus on élargit la zone de confort. Il y a un vrai travail qui est permanent chez tout le monde, mais ça vaut le coup d’identifier et de chercher à aller en zone de risque. Si on ne fait pas l’effort d’aller en zone de risque, notre propre zone de confort va diminuer. On le voit chez les personnes âgées par exemple.

Quelques éléments pour avancer

Il faut pouvoir comprendre comment l’autre fonctionne sans le juger et sans y adhérer non plus. Prêt à bouger soi-même, ne pas chercher à convaincre à tout prix. Le gain visé est d’acquérir la liberté de pouvoir s’exprimer face à une opposition, de pouvoir dire librement : « je ne suis pas d’accord » face à des gens qui n’y croient pas.

La même liberté dans l’autre sens, c’est-à-dire de pouvoir entendre quelqu’un qui dit quelque chose avec laquelle vous êtes totalement opposé mais de pouvoir l’entendre confortablement sans que cela vous remue. C’est quasiment du développement personnel.

Producteur : Canopé Lyon

Année de copyright : 2016

Publié le 16/08/22

Modifié le 21/09/21

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