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audio - Sur les traces de Mandela

Sur les traces de Mandela

L’Afrique du Sud pleure toute entière celui qu’elle appelle respectueusement « Tata » Nelson Mandela s’est éteint à 95 ans, symbole universel de liberté, d’émancipation et d’égalité, Mandela a lutté toute sa vie contre la ségrégation et le racisme dans un pays à 80 % noir. Incarcéré pendant 27 ans, il a subi dans sa chair sa lutte pour un monde juste. A sa sortie de prison en 1990, il mène sans violence son pays vers la démocratie et l’apartheid, cette honte mondiale, disparait. Son acharnement, sa résistance, sa sagesse et sons sens politique font de lui une des plus grandes figures du XXe siècle.

Pour saluer l’œuvre et le destin exceptionnel de Mandela, refaisons ce parcours, de musées en sites nationaux du Cap à Johannesburg en passant par Qunu, le village de son enfance. 

Robben Island

Démarrons par le Cap, tout au sud du continent pour visiter le monument le plus emblématique de ses années d’incarcération : c’est Robben Island, un nom qui résonne intensément au cœur des sud-africains car Mandela y est resté prisonnier presque 19 ans. Ce caillou se trouve à 11 km des côtes et permet de prendre conscience de ce que Mandela et ses compagnons de combat ont vécu.

Robben Island est l’emblème de la lutte anti-apartheid. Depuis 1996, l’île est classée monument historique et a été transformée en musée. Les guides sont tous d’anciens prisonniers qui ont vécu dans ces murs des heures terribles. On prend en pleine figure les horreurs de l’ex-régime ségrégationniste expliquées par les victimes. Les visiteurs regardent le passé pour mieux bâtir ou comprendre l’avenir. 

Mvezo

Mandela est né ici près de la rivière Mbashe. Son père était à l’époque le chef du village, il n’a passé que deux années à Mvezo, mais ce petit village situé à 900 km de Johannesburg, lui, ne l’a jamais oublié. Aujourd’hui, Mvezo honore la mémoire de son illustre enfant, au travers d’un musée en plein air et d’un projet de reconstruction de la maison familiale. Mais c’est surtout à 30 km de là que l’on peut découvrir un véritable musée national dédié à Mandela. C’est à Qunu, là où le « père de la nation » a grandi, où il a passé ses plus belles années. Dans ce musée, il y a une exposition qui retrace son parcours, mais les visiteurs sont encouragés à découvrir le petit village ainsi que tous les lieux étroitement liés à Mandela comme son école à quelques mètres du musée où son institutrice lui a donné son prénom, Nelson. Non loin, se trouve le cimetière et le carré familial des Mandela.

Soweto

Partout dans le pays, des lieux de mémoire racontent aux visiteurs ce qu’était l’apartheid. Bien souvent, le voyage passe par Soweto, le plus célèbre des townships, à Johannesburg, encore aujourd’hui très majoritairement noir.

Visiter l’Afrique du Sud sans aller dans les townships ne peut se faire, en effet, dans la configuration de toutes les villes sud-africaines qui au départ avaient toutes été créées pendant la période de l’apartheid, il y avait des quartiers destinés uniquement aux Blancs, et d’autres réservés aux Noirs. Dans les quartiers blancs, il y avait tout ce qui était nécessaire, ce dont on avait besoin. Les quartiers réservés aux noirs étaient barricadés et délaissés. Cela permet de comprendre la raison pour laquelle les gens se sont révoltés. L’eau par exemple, a été mise après la mort de Mandela.

A Soweto, un autre lieu raconte la vie dans ce township et la lutte des opprimés contre l’apartheid, c’est le musée Hector Pieterson, le nom d’un enfant de 13 ans mort sous les balles de la police pendant les fameuses manifestations d’étudiants de 1973 qui ont commencé à ébranler le régime, appelées les émeutes de Soweto.

Rivonia

Un autre lieu encore trop méconnu nous montre un autre Nelson Mandela, celui d’un militant politique qui choisit finalement d’abandonner la non-violence de l’ANC, son parti, l’African National Congress qui vient tout juste d’être interdit en 1960, au profit d’une lutte armée. Mandela cordonne des actions de sabotage depuis un lieu tenu secret, situé à Rivonia, un quartier de « Joburg », c’est la Liliesleaf Farm, une ferme en apparence seulement au début des années 60.

Cet endroit est devenu un lieu classé du patrimoine sud-africain qui se visite depuis 2008. Cette ferme était non seulement un refuge clandestin, mais aussi le quartier général du Parti communiste et de l’ANC, tous deux interdits. Le 11 juillet 1963, la police a fait un raid historique sur cette ferme et a alors arrêté beaucoup de leaders de la lutte anti-apartheid, qu’ils soient du Parti communiste, de l’ANC ou bien du MK, « le fer de lance de la nation », branche armée de l’ANC qui a été fondée ici dans cette ferme. La police a mis la main sur le journal de Mandela qui contenait des informations sur son voyage en Afrique et son entrainement militaire. Ce document a été une preuve de poids dans les accusations portées contre lui. Il a été condamné à 5 ans de prison pour avoir voyagé illégalement hors du pays, mais aussi pour avoir organisé une grève illégale.

Constitution Hill

 La prison est vraiment le lieu qui a marqué la vie de Mandela, il y a passé 27 ans dans différents établissements, dont Constitution Hill, qui est aussi un lieu de mémoire aujourd’hui ouvert au public. Information intéressante, bien avant Mandela, au début du XXe siècle, déjà, elle a abrité un autre illustre défenseur des droits de l’homme, Mahatma Gandhi, le père de la nation indienne.

Constitution Hill est une ancienne prison, mais à l’origine c’était un fort construit dans les années 1880, comme une place forte militaire. Plus tard, les lieux ont été transformés en pénitencier avec 3 différentes parties : la première est celle du vieux fort où les hommes blancs étaient incarcérés, la seule exception qui a été faite l’a été pour Mandela qui a été incarcéré dans l’aile de l’hôpital de ce vieux fort. Il n’était pas malade, mais il a été placé géographiquement dans cette aile pour des raisons de sécurité maximales. D’autre part, Mandela avait une personnalité si puissante qu’on avait peur qu’il influence les autres prisonniers.

Aujourd’hui, cette section de l’hôpital présente une exposition permanente sur Mandela, avec des lettres, et son journal.

Chancellor House

Des guides et historiens proposent aussi des visites guidées du centre-ville de Johannesburg, dans les pas de Mandela : le clou du spectacle est Chancellor House, en face du tribunal d’instance. C’est dans ce bel immeuble des années 40 que Mandela avait ses bureaux d’avocat, qu’il partageait avec Oliver Tambo, un autre grand nom de l’ANC. Les vitrines du rez-de-chaussée servent de lieu d’exposition gratuit et sur la rue, racontant la vie des deux hommes. L’immeuble longtemps dégradé a retrouvé son lustre en 2011 et fait maintenant partie des sites nationaux protégés.

Le musée de l’apartheid  

A Johannesburg, le musée de l’apartheid  s’attache à expliquer l’inexplicable, en proposant aux visiteurs une expérience forte. Au moment où vous rentrez dans le musée, vous recevez une carte qui vous dit si vous êtes blanc ou noir. Ensuite, vous entrez par l’entrée réservée aux Blancs ou aux Noirs, comme une sorte de prologue à l’histoire de l’apartheid qui consistait à étiqueter les gens et les séparer d’après leur couleur de peau.

The Nelson Mandela Center of Memory

A Johannesburg, The Nelson Mandela Center of Memory devrait ouvrir ses portes plus largement au public et présentera des archives, la reconstitution du dernier bureau de Mandela, des papiers personnels, et quelques-unes des expositions temporaires conçues ces dernières années par la Nelson Mandela Foundation.

En ligne, vous pouvez découvrir un musée virtuel, un monument historique en ligne, c’est archive.nelsonmandela.org où on y voit ses papiers personnels, des photos, ainsi que des archives en sons et en images, c’est en gros la version numérique du Nelson Mandela Center of Memory.

 

Photo : © Céline Develay-Mazurelle / RFI

Nom de l'auteur : Ludovic Dunod / Si loin si proche

Producteur : RFI

Année de copyright : 2013

Publié le 30/11/22

Modifié le 20/10/21

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