Vidéo : Nelson Mandela : du jeune berger à la légende (5 et 6)

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audio - Nelson Mandela : du jeune berger à la légende (5 et 6)

Sur les traces de Mandela

Quand le jeune Rolihlahla Talipunga Mandela a quitté sa montagne natale du Transkei il ne pensait pas devenir Nelson, l’un des personnages qui a marqué l’histoire du XXe siècle. De l’étudiant en droit à la légende en passant par la prison du Robben Island : la vie de Nelson Mandela en 20 épisodes, par Alain Foka.

Mandela se prépare à l’action

Trois personnes dirigent cette nouvelle organisation militaire cachée dans une ferme, à Rivonia : Mandela, Walter Sisulu et Joe Slavo. Dans cette ferme, Nelson se fait passer pour le gardien sous le nom de David Motsamai. Il faut du temps et des moyens pour préparer une guerre pareille. Alors, les chefs militaires bougent souvent, logent chez les autres activistes. Mandela s’instruit par exemple sur les techniques de guérilla du Che Guevara, il apprend comment lancer une révolution.

Ils choisissent la date du 16 décembre pour passer à l’offensive avec comme cible les symboles de domination blanche et de l’apartheid.

Des bombes explosent dans des centrales électriques ainsi que des locaux administratifs de 3 grandes villes : Johannesburg, Port Elizabeth, et Durban. Les condamnations suivent, Mandela, insaisissable, est désormais un terroriste en cavale décidé à faire plier le gouvernement sud-africain.

15 jours plus tard, le jour du Nouvel An, il organise une nouvelle série d’attentats. Le mouvement va connaître sa première victime civile, un opérateur tué par l’explosion. Mandela est désormais l’ennemi n°1 contre lequel la police sud-africaine a lancé tous ses limiers.

Mandela contraint de quitter le pays

Le moment est venu pour lui de quitter le pays, à la fois pour se former et pour trouver des fonds pour le combat qui s’annonce long. Walter Sisulu avec qui il doit prendre le large est arrêté au moment où il s’apprête à rejoindre Mandela. Ahmed Kathrada, un autre membre indien de l’ANC va organiser sa fuite via le Bechuanaland, un territoire sous protection britannique appelé de nos jours le Botswana.

Mandela quitte son pays à 42 ans. Pendant 6 mois, il va sillonner 12 pays d’Afrique et va trouver des oreilles attentives. Il va retrouver à Khartoum, capitale du Soudan, son vieil ami et associé Oliver Tambo qui a quitté le pays et qui sillonne le monde. C’est ensemble qu’ils arriveront à Addis-Adeba où il va prendre la parole devant des chefs d’Etat qui assistent nombreux à un sommet organisé par l’empereur Haïlé Sélassié. Mais il va voir que son combat n’est pas encore compris.

De passage en Tunisie, Habib Bourguiba reçoit le duo et les encourage en leur donnant de l’argent pour acheter des armes et des munitions, et en leur mettant à disposition des cadres militaires tunisiens susceptibles d’entrainer des éléments du MK.

Au Maroc, il va faire la connaissance de tous les responsables de différents groupes de résistance avec qui il va suivre une formation d’apprenti guérillero.

Le voyage de Mandela se poursuit par le Mali, la Guinée, le Liberia, le Ghana qui va se montrer généreux. Mais il est temps de repartir au combat.

Arrestation de Mandela

Mandela désire faire une tournée du pays pour rendre compte de ses voyages aux membres de l’ANC. Il prend la route et se rend à Durban. La police le guette, il est arrêté le 5 août 1962.

Nelson Mandela est dans les filets de la police sud-africaine qui exulte. Il doit maintenant répondre devant le tribunal de Johannesburg d’incitation des travailleurs à la grève et d’avoir quitté le pays sans passeport. Mandela va transformer son procès en procès politique.

Ce jour d’octobre 1962, c’est drapé d’une cape de léopard qu’il arrive devant un tribunal où ses partisans se sont massés. Mandela va délivrer un discours qui prendra de court toute l’assistance en se présentant comme un homme noir dans un tribunal d’hommes blancs. 10 minutes après sa plaidoirie, la sentence tombe déjà : Il est condamné à 5 ans de prison sans possibilité d’appel du jugement. Direction la prison de Pretoria, puis celle de Robben Island.

L’étau se resserre autour du mouvement. Une opération de police menée au mois de juin 1962 a permis de mettre la main sur tout l’arsenal du mouvement. Tout le commandement a été arrêté et tous désormais risquent la peine de mort.

Mandela va retourner devant le tribunal avec ses camarades pour un chef d’accusation plus lourd : faits de sabotage. Mais s’ils refusent de faire appel en cas de condamnation à mort, ils veulent aussi vendre chèrement leur peau, se servir de ce tribunal pour faire entendre leur cause.

Avec la défense, ils décident de se transformer en accusateurs et Mandela a l’intention de frapper les esprits. Il veut lire un long texte qu’il a préparé, d’avantage un manifeste qu’une défense.

Le procès de Mandela et son verdict

C’est sous haute surveillance que s’ouvre le procès en octobre 1963. Malgré son assignation à résidence, Winnie Mandela a l’autorisation d’assister au procès.

Nelson et ses camarades doivent répondre de plus de 200 actes de sabotage. D’un point strictement juridique, sa stratégie ne sert pas vraiment ses intérêts, mais il a surtout à cœur d’expliquer sa propre pensée politique, de se faire l’écho des attentes, des doléances de son peuple et met surtout l’accent sur le fait que la législation sud-africaine prive les Africains de leur dignité.

Sur le plan international, on fait pression afin que les prévenus ne soient pas condamnés à mort. Quelques jours avant le verdict, malgré la tension, Nelson Mandela qui a repris ses études passe avec succès ses examens.    

Ce 12 juin est le grand jour, celui du verdict. La tension est à son comble dans le tribunal bondé de Pretoria : Nelson Mandela et ses camarades sont condamnés à la prison à perpétuité. Cette peine, bien que lourde, est vécue presque comme un soulagement, à la fois pour les condamnés et leurs avocats. S’ils s’en réjouissent, c’est qu’ils sont persuadés qu’ils ne la purgeront pas entièrement. Pour eux, le régime va être obligé de faire des concessions, de faire baisser la pression.

Le lendemain de la condamnation à l’aube, Mandela et 6 autres condamnés s’envolent à bord d’un vieil avion pour l’île Robben où il y a une prison de haute sécurité. C’est dans ce cadre de 3,3 km sur 1,9 km que vont vivre nos bagnards.

Nelson Mandela, dans sa cellule de moins de 2 mètres carrés a déjà en tête une stratégie pour ne pas sombrer, ils vont se battre. Rendez-vous pour la suite dans le prochain épisode !

 

Photo : © Eli Weinberg Apic / Getty Images

Nom de l'auteur : Alain Foka / Archives d'Afrique

Producteur : RFI

Année de copyright : 2017

Publié le 30/11/22

Modifié le 20/09/21

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