Vidéo : Nelson Mandela : du jeune berger à la légende (1 et 2)

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audio - Nelson Mandela : du jeune berger à la légende (1 et 2)

Sur les traces de Mandela

Quand le jeune Rolihlahla Talipunga Mandela a quitté sa montagne natale du Transkei il ne pensait pas devenir Nelson, l’un des personnages qui a marqué l’histoire du XXe siècle. De l’étudiant en droit à la légende en passant par la prison du Robben Island : la vie de Nelson Mandela en 20 épisodes, par Alain Foka.

Les yeux tournés vers l’Afrique du Sud

11 février 1990 : le monde entier a les yeux tournés vers l’Afrique du Sud. Toutes les télévisions et les médias du monde sont tournés vers ce pays dont on ne parle que pour son régime raciste. C’est manifestement l’événement planétaire que tous attendaient.

Est-ce de l’intérêt ou de la curiosité pour celui dont on attend la libération depuis tant d’années ? Celui qui est devenu l’icône de la liberté ?

Nelson Mandela dont personne n’a vu les images depuis 27 ans s’apprête à sortir de sa prison. Le président Frederik de Klerk l’a annoncé la vieille. A 15 h 50 apparaît un vieux monsieur un peu intimidé, un sexagénaire aux cheveux poivre et sel bien loin de la photo qui le symbolisait sur les images véhiculées par les médias. A son bras sa femme Winnie qui pendant ses 10 000 jours de captivité a lutté et entretenu la flamme, a permis qu’on ne l’oublie pas. Une immense foule est là pour l’accueillir. Cette libération a suscité tant d’espoir tant en Afrique du Sud que dans le reste du monde. Ce Nelson Mandela-là sera-t-il à la hauteur des espoirs de son peuple qui l’a attendu comme un messie ? 

Les débuts de Nelson Mandela

Rolihlahla Dalibhunga Mandela est né le 18 juillet 1918 à Mveso Komkhulu. Vaste province située entre Le Cap et le Natal, le berceau du peuple Xhosa que l’on appelle aussi le peuple rouge. Cette région est alors occupée par plusieurs dizaines de milliers d’Européens, des colons hollandais, français et britanniques qui après la Première Guerre mondiale, viennent y chercher une main-d’œuvre bon marché destinées aux mines de diamants et d’or.

Nosekeni Fanny, sa mère, est la troisième épouse du chef Gadla Henry Mphakanyiswa Mandela. Le jeune garçon a juste un an lorsqu’à la suite d’une altercation avec un juge de proximité blanc, son père est accusé d’insubordination. En même temps que son titre de chef, il perd l’essentiel de son bétail, de ses terres et de ses revenus. La famille doit déménager et s’installe dans le village voisin de Qunu et bénéficie de l’hospitalité de Mabel Mandela, sa sœur ainée. Mandela va vivre dans ce cadre familial plutôt pauvre et simple. Le jeune garçon est initié au métier de berger.

Les colons blancs venus s’installer s’appellent les Trekkers africaners, ces paysans et éleveurs de bétail dont la migration va aboutir en 1910, à la fondation de l’Union sud-africaine. Ce coin de l’Afrique australe, devenu partie intégrante de l’Empire britannique, compte à ce moment-là 5 millions d’indigènes noirs, métis et indiens, pour un peu plus d’un million de blancs. Mais si ces premiers sont disposés à partager les terres, Louis Botha, le premier chef du gouvernement installé par Londres, va aussitôt commencer à règlementer la propriété foncière des indigènes. Désormais, à peine 8 % du territoire pourront être achetés par des Noirs. Idem pour certains emplois qui seront réservés aux seuls blancs. Cet apartheid n’est pas encore considéré sur le plan international comme l’Apartheid, mais les peuples le vivent ici comme tel. Son père va le lui apprendre, le lui faire comprendre. 

Quelles sont les origines de son prénom « Nelson » ?

Seul de la famille à être scolarisé, sa maîtresse formée à l’école anglaise comprend qu’il n’a pas de prénom chrétien et lui donne d’office le prénom de Nelson.

1927, deux ans déjà que Mandela est à l’école, mais la santé de son père décline de plus en plus. Il meurt et laisse le jeune Mandela orphelin. Quelques jours après ses funérailles, il quitte ses frères et sœurs mais surtout sa mère pour qui il a une réelle affection, direction vers la capitale provisoire du Thembuland.

Pris sous la protection du régent Dalindyebo à la mort prématurée de son père, Il va grandir dans cette nouvelle famille où il va accéder à une formation de qualité. Dans ce nouvel environnement, c’est là qu’il va connaitre l’histoire mouvementée de son pays,  notamment comment les blancs se sont installés ici.

Janvier 1934 : Mandela a 16 ans, moment choisi par Jongintaba pour le grand rite qui va enfin faire de lui un homme. Comme le veut la tradition, ils sont une quinzaine à être isolés dans une vallée retirée avant d’être circoncis.

Mandela après ce rite initiatique est admis à Clarkebury, une école très prisée, il va d’ailleurs y obtenir son Junior Certificate en 2 ans au lieu de 3. Il rejoint le lycée Wesleyan, à 200 km de chez lui. En 1938, il intègre Fort Hare, la seule université noire d’Afrique du sud qui rassemble toute l’intelligentsia de couleur mais qui n’accueille que 150 étudiants. Mandela va y étudier l’anthropologie, la politique, l’administration de son pays. Ses ambitions à cet instant-là sont de devenir interprète ou fonctionnaire au service des affaires indigènes. Il veut aussi gagner beaucoup d’argent pour redonner à sa mère le statut social qu’elle a perdu à la destitution de son père. A fort Hare, quelques-uns des amis de Mandela sont très impliqués dans la politique, certains sont déjà membres de l’ANC, l’African National Congress. C’est dans cette institution qu’il va rencontrer Oliver Tambo, futur président du mouvement avec qui il va nouer une solide amitié. Au cours de sa deuxième année, Mandela est élu pour siéger au conseil représentatif des présidents. Il n’imagine pas le chamboulement que cette fonction va apporter dans sa vie. A peine élu, il démissionne en protestant contre le fait que les dirigeants de l’université aient décidé de transformer ce conseil en une simple chambre d’enregistrement. Le doyen menace de l’exclure s’il persiste. Le lendemain, il annonce qu’il ne reviendra pas sur sa décision de démissionner.

Mandela s’installe à Johannesburg

Il retourne chez le régent qui est furieux d’une telle inconscience. Mandela se sauve avec son cousin Justice pour échapper à un mariage forcé et se retrouve à Johannesburg, poumon économique de l’Afrique du sud grâce à la découverte de l’or de Witwatersrand. Ils trouvent un emploi dans les bureaux du Crown Mines, où Mandela sera veilleur de nuit, mais sur la demande de son tuteur, les deux garçons seront renvoyés. Mandela est décidé à terminer ses études ici. Il va faire la connaissance de Walter Sisulu, un Xhosa issu d’un père blanc qui a une agence immobilière. Il lui annonce qu’il veut devenir avocat. Walter Sisulu va le présenter à un homme de loi blanc avec qui il entretient des relations d’affaires, Lazar Sidelsky. Ce dernier va engager Mandela comme clerc d’avocat.

Maintenant qu’il a retrouvé un emploi, Mandela peut se réinscrire à l’université et poursuivre des cours par correspondance. Il vit dans un quartier mal famé où il travaille à la lueur de la bougie. Cela ne va pas l’empêcher de gagner en assurance et de devenir un personnage important dans la communauté noire de Johannesburg et au-delà, comme nous le verrons dans la suite de cette série consacrée à la vie de Nelson Mandela.  

 

Photo : © Eli Weinberg Apic / Getty Images

Nom de l'auteur : Alain Foka / Archives d'Afrique

Producteur : RFI

Année de copyright : 2017

Publié le 30/11/22

Modifié le 20/09/21

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