Vidéo : Mixités, genre, sexisme et le poids des représentations

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Mixité, genre, sexisme05:41

Mixités, genre, sexisme et le poids des représentations

Ceméa

Cette vidéo peut illustrer votre propos lors de vos ateliers de sensibilisation à l'égalité entre les filles et les garçons. 

Yves Raibaud, Maître de conférences en géographie, à l’IUT carrière sociale de Bordeaux, s’entretient sur la place prépondérante des hommes vis-à-vis des femmes dans l’espace et les villes.

Quelle est la place des hommes et des femmes dans l’espace des villes ?

Cette question relève de la géographie, de la sociologie urbaine, de l’urbanisme. Les femmes étaient autrefois naturellement assignées aux tâches domestiques, au travail de soins, à s’occuper des enfants, finalement assez éloignées du travail et des études. Les hommes étaient, eux, dans l’espace public de la politique. Là, pour nous géographes, ça se concrétise d’une façon particulière dans la ville : ON voir bien que des habitudes ont été prises, les hommes ont pignon sur rue, depuis leur enfance on leur indique qu’ils peuvent parler fort, courir, jouer au foot, uriner, etc… Les hommes sont légitimisés par des skate Park, on leur donne des murs à peindre, on leur permet de mettre des sonos fortes. Autant de signaux permanents pour leur dire qu’ils sont propriétaires de cet espace, comme dans les cours de récréation où on leur consacre un espace central. Il ne faut pas penser que cette éducation des garçons soit anodine. Dans les recherches qui ont été faites avec Edith Maruéjouls, on voit , dans les loisirs publics, ce chiffre qui est toujours étonnant : 75 % des budgets publics destinés aux loisirs des jeunes vont aux garçons.

La rupture entre filles et garçons s’opère à l’adolescence

Notamment en entrée en 6e, où tout à coup les filles décrochent. Dans leurs explications, Il y a toutes sortes de signaux qui leur sont donnés en disant que « l’espace public est dangereux pour toi, ce n’est pas pour toi, puisque c’est le fait des garçons, ou bien tu as mieux à faire ailleurs ». Ce décrochage conditionne les filles à se retirer de l’espace public et ça prépare à leur assignation aux tâches domestiques. Ce que l’on voit également, c’est que dès l’adolescence, il y a une appréhension de l’espace public, la nuit, les filles se sentent en danger par rapport au risque de viol ou d’agression sexuelle. A cela s’ajoute l’appréhension des parents.

En ville, les filles seront toujours dans une situation de mobilité restreinte. Tout cela nous dit tout le travail qu’il y a pour que la ville soit un espace de mixité et d’intégration des femmes et des hommes dans la ville.  

Réalisateur : Ceméa

Nom de l'auteur : Ceméa

Producteur : Association Ceméa

Année de production : 2018

Publié le 06/12/22

Modifié le 24/02/22