Vidéo : Les troubles bipolaires

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Souffrances psychiques45:43

audio - Les troubles bipolaires

Cerveau : recherche et dysfonctionnements

Il faut des années avant qu’un diagnostic de trouble bipolaire ne soit posé. Il est souvent difficile de différencier la dépression simple du véritable désordre bipolaire qui est une succession de phases dépressives et d'excitation souvent sans limites. Comment diagnostique-t-on les troubles bipolaires ? Quels sont les traitements ? Comment améliorer la prise en charge des patients ?

 

Invités :

- Pr Franck Bellivier, responsable du Service de Psychiatrie et du Service de Médecine Addictologique de l’hôpital Lariboisière - Fernand Widal à Paris. Il dirige également une équipe de recherche en neuropsychopharmacologie des troubles bipolaires et des addictions au Centre Expert Bipolaire de la Fondation FondaMental à Paris.

- Agathe Lenoël, diagnostiquée bipolaire à l'âge de 19 ans, elle est l’auteure de l’ouvrage Qui suis-je quand je ne suis pas moi, aux éditions Odile Jacob

- Jean-Rémy Provost, directeur général de Revivre, association québécoise de soutien aux personnes souffrant de troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires.

- Dr Christian Eyoum, chef de service de psychiatrie et gérontologue à l’hôpital de Laquintinie de Doula au Cameroun.

30 mars, journée mondiale des troubles bipolaires

L’association Argos 2001 a choisi la date du 30 mars pour célébrer la journée mondiale des troubles bipolaires en hommage à Vincent Van Gogh, lui-même atteint de ces troubles de l’humeur. Une façon comme une autre de mettre en avant une maladie peu connue, finalement, mais surtout mal comprise.

Sixième cause de handicap dans le monde selon l’OMS, les troubles bipolaires se caractérisent par une alternance de phases dépressives et de phases d’exaltation qui provoquent de profonds bouleversements dans la vie quotidienne.

Une maladie mal comprise probablement liée à deux facteurs : Le premier, c’est que les manifestations initiales de la maladie ne sont pas spécifiques de ce trouble bipolaire, la deuxième raison, est due probablement au fait que les patients qui connaissent ces variations excessives de l’humeur ont du mal à reconnaître en tous cas au début, le caractère pathologique des choses, et finalement à solliciter de l’aide.

Ces phases d’exaltation et de dépression sont deux phénomènes en miroir que les patients ont du mal à repérer.

Il y a également un changement de comportement au niveau des pensées par rapport à la vie quotidienne, un manque de sommeil, une irritabilité beaucoup plus présente.

En France, en moyenne, les patients évoluent pendant 10 ans sans que la maladie ne soit diagnostiquée.

Les facteurs de risque du trouble bipolaire

C’est une maladie multifactorielle complexe avec des facteurs d’adversité ou de traumas, des facteurs de risque constitutionnels, de vulnérabilité. On n’est pas égaux face à ces risques comme pour l’obésité, le cancer, le diabète ou l’asthme, il y a des terrains qui sont plus à risques que d’autres.

Il ne faut pas oublier les facteurs environnementaux, de stress qui peuvent précipiter le démarrage d’un trouble bipolaire.

Attention également aux addictions ou un traitement antidépresseur pouvant révéler un épisode maniaque.

La prise en charge d’un patient va faire appel à une évaluation individuelle des caractéristiques de ce trouble de l’humeur ainsi que des pathologies associées. Cet état des lieux va guider les différents ingrédients de la prise en charge pour un patient donné. Ce programme thérapeutique doit associer des médicaments régulateurs de l’humeur ainsi que des approches non médicamenteuses avec des techniques d’éducation, de psychoéducation et de psychothérapie spécifiques qui visent à prévenir les rechutes.

L’enjeu est de voir dans quelles mesures seront-nous capables de prévenir efficacement les récurrences puisque ce sont ces rechutes qui vont désorganiser la vie du sujet et de son entourage.

 Pourquoi continuer un traitement quand on va bien depuis plusieurs mois ?

Comme c’est une stratégie préventive, il faut continuer à prendre son traitement pour continuer à bénéficier de l’effet préventif. Prendre un traitement tous les jours avec 4, 8, parfois plus de comprimés par jour reste une vraie contrainte. Des patients arrivent à intégrer cette contrainte facilement, mais d’autres sont vraiment en difficulté, ils oublient, ça leur casse les pieds, ils prennent ce traitement comme une prison, et il faut absolument accompagner ces patients et les aider à trouver des trucs pour qu’ils soient réguliers dans leur traitement. De fait, un psychothérapeute est conseillé afin de travailler avec le patient afin que ce dernier accepte la maladie, ce qui est la base de tout.

 

Photo : © Pixabay

Nom de l'auteur : Igor Strauss / Priorité santé

Producteur : RFI

Année de copyright : 2016

Publié le 20/10/21

Modifié le 12/08/21

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