Vidéo : Les malentendus de la génétique

icu.next-video

Contenu proposé par

RFI
Connectez-vous
Lumni propose sur connexion des contenus éducatifs aux animateurs, éducateurs, médiateurs des associations nationales agréées Jeunesse Education Populaire et/ou agréées en tant que complémentaires de l’enseignement public, ainsi qu’à leurs structures affiliées.
Recherche médicale45:59

audio - Les malentendus de la génétique

Les maladies génétiques

Vous souhaitez faire comprendre la notion de génétique à vos élèves et animer des activités pédagogiques autour de la santé ? Cette vidéo pourra servir de support pour illustrer votre propos. 

 

La thérapie génique consiste à corriger un gène malade le plus souvent, en transférant à l'intérieur des cellules, un autre gène, normal celui-là, qui le remplacera. Bien que séduisante sur le plan intellectuel, les succès restent rares. Alors, quels sont les réels espoirs et progrès de la génétique ? Quelles sont ses limites ?

 

Invités :

- Pr Arnold Munnich, pédiatre-généticien. Co-fondateur de l’Institut Imagine et directeur du Département de Génétique du CHU Necker Enfants Malades. Auteur du livre Programmé mais libre. Les malentendus de la génétique aux éditions Plon.

- Pr Ibrahima Diagne, pédiatre, point focal sur la drépanocytose au Ministère de la Santé et de l'Action Sociale (MSAS). Directeur de l'UFR des Sciences de la Santé de l'Université Gaston Berger de Saint-Louis au Sénégal.

Faire la part des choses

Il faut déjà comprendre que ce n’est pas la mission d’un chercheur ou d’un labo de recherche de se substituer à un service hospitalier plus ou moins défaillant. Le vrai défi sociétal, organisationnel est de savoir dans quel cadre et comment on va passer de la recherche fondamentale et translationnelle à l’application pratique. C’est la conduite du changement, ce qui est tellement difficile dans nos pays développés.

Quand on fait un séquençage à un enfant, par exemple, il faut également le faire à ses deux parents. Le séquençage du génome, au sens propre, ce n’est pas le séquençage des gènes responsables d’une maladie donnée, mais bien le séquençage de tous les gènes d’un enfant. Le défi est d’obtenir de la puissance publique le remboursement du séquençage, de l’étude des gènes déjà connus pour être responsables de tel ou tel symptôme, ce qui existe en Hollande, en Angleterre ou en Allemagne.  

Un séquençage du génome comme boule de cristal ?

Si vous et moi nous nous demandons si on va développer un cancer du côlon, un Parkinson, un diabète, pourquoi ne pas demander un séquençage ? Cela est une faute contre l’esprit pour deux raisons. La première raison, c’est que c’est un résultat qui a une valeur en population générale, et pas individuelle. Concrètement, quelqu’un peut avoir un gène lié à la maladie d’Alzheimer et ne va pas développer cette maladie. Un séquençage donnera une valeur pour une population, mais pas une valeur individuelle. C’est là où est toute la nuance.

Deuxièmement, c’est que le risque relatif de développer la maladie est extrêmement faible. Donc tout cela coûte cher à celui qui est en demande d’un séquençage.

On pense qu’en décortiquant notre génome, à nous, personnes bien portantes, on saura ce qui va nous arriver comme une boule de cristal ou un horoscope, cette idée est fausse.

Les limites de la thérapie génique

C’est d’abord l’accessibilité du tissu malade. Il y a des maladies modèles, les maladies hématologiques et immunologiques. Prenons l’exemple où l’organe malade est dans la moelle osseuse : on fait une ponction de moelle qui va au laboratoire, on la traite et on redonne au patient ses propres cellules. On peut éventuellement envisager cela, un jour, pour la rétine qui reste un organe accessible. Peut-être un jour pour des maladies cutanées ou osseuses. Mais il y a en revanche plein de maladies qui sont aujourd’hui difficiles d’accès, comme celles du système nerveux, les maladies musculaires à cause des milliards de cellules musculaires.

Pour le Professeur Arnold Munnich, la thérapie génique n’est pas la panacée universelle mais une thérapeutique parmi d’autres, probablement minoritaire dans un arsenal thérapeutique beaucoup plus large qui comportera des greffes et des médicaments.

 

Photo : © Mevans LD / Getty

Nom de l'auteur : Claire Hédon / Priorité santé

Producteur : RFI

Année de copyright : 2016

Publié le 12/08/22

Modifié le 24/02/22

Ce contenu est proposé par