Vidéo : Le vitiligo

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audio - Le vitiligo

Les maladies génétiques

Vous souhaitez sensibiliser vos élèves à certaines maladies génétiques, animer des activités pédagogiques autour de la santé ? Cette vidéo pourra servir de support pour illustrer votre propos. 

 

Le vitiligo est une maladie peu connue, et son nom ne vous dira sans doute pas grand-chose. Pourtant, rien qu’en France, elle touche environ un million de personnes : une affection cutanée qui se manifeste par l’apparition de taches de couleur ivoire sur le visage ou bien le corps. Si ce n’est pas douloureux, il peut entraîner une souffrance psychologique, en raison du regard des autres.

Dans un monde où l’on juge souvent sur les apparences, l’apparition de taches sur la peau peut être mal vécue. Que sait-on du vitiligo, quels sont les traitements existants ? 

Invités :

  • Pr Thierry Passeron, professeur de Dermatologie dans le service de Dermatologie du CHU de Nice et chef de l’équipe 12 à l’INSERM U1065, C3M à Nice. Auteur de nombreux ouvrages dont Atlas of pigmentary disorders, aux éditions Springer
  • Dr Emmanuel-Armand Kouotou, dermatologue et vénérologue au CHU de Yaoundé, au Cameroun.

Qu’est-ce que le vitiligo ?

Pour le professeur Thierry Passeron, on distingue deux types de vitiligo : le vitiligo segmentaire qui comme son nom l’indique reste très localisé sur une partie du corps, uniquement d’un côté, et ce vitiligo reste stable dans le temps. Il y a le vitiligo classique qui va toucher de façon globalement symétrique touchant d’abord le visage, mais aussi les mains et pouvant éventuellement s’étendre sur d’autres parties du corps.

C’est une dépigmentation avec la destruction des cellules qui fabriquent la mélanine, les mélanocytes. Cela va entraîner des plaques complètement blanches sur la peau, et c’est ce qui permet de faire la différence avec d’autres maladies de peau qui peuvent donner un éclaircissement de la peau, mais pas de plaques blanches à la couleur ivoire. Cette maladie concerne beaucoup de monde, environ 1 million de personnes en France et entre 0,5 et 1 % de la population mondiale. Même si l’on a fait des progrès depuis 5 à 10 ans, il est vrai qu’elle est encore mal connue. Mais son diagnostic reste simple à faire.

Le vitiligo peut-il survenir à n’importe quel moment de la vie ?

Le vitiligo segmentaire dans plus de la moitié des cas va survenir dans l’enfance ou l’adolescence, donc avant 18 ans. Mis il peut survenir à n’importe quel âge. En revanche, le vitiligo classique survient à n’importe quel âge. Il y a une prédisposition génétique mais ce n’est pas une maladie héréditaire. Si vous développez le vitiligo, vos enfants ont un risque un peu plus important, mais cela reste assez peu probable.

Le retentissement sur la qualité de la vie doit être pris en compte. C’est une vraie maladie immunitaire qui nécessite un traitement, une prise en charge. Plus les personnes ont la peau foncée, plus le ressenti est important.

Il y a beaucoup d’idées reçues sur cette maladie, on lit souvent que le stress est un facteur de risque, et apparemment, pas du tout. Une maladie psychosomatique est liée au stress. Lorsque le stress disparait, la maladie fait de même. En revanche, comme toute maladie auto-immune, le vitiligo peut être déclenché ou bien aggravé par un stress au sens médical du terme. Cela peut être un stress psychologique important, un stress chirurgical, une grossesse, une ménopause. Mais dans tous les cas, toutes les personnes qui ont un vitiligo ne sont pas stressées.

Un autre facteur aggravant est le phénomène de Koebner. Si on tombe et que l’on a une croûte, avec un frottement régulier à un endroit, le vitiligo peut se mettre sur ces cicatrices.   

Quels sont les traitements pour combattre le vitiligo ?

Aujourd’hui, les traitements sont relativement contraignants et nécessitent de 6 à 24 mois pour obtenir une repigmentation, en appliquant des crèmes relativement grasses. Cela va retentir sur le quotidien des personnes, car souvent, elles font le traitement pendant quelques semaines, puis elles se découragent et arrêtent. Un autre point à comprendre, c’est que sans UV au sens large du terme, comme des UV en cabine, ou des UV délivrés par lampe, ou tout simplement les UV délivrés par le soleil, on a beaucoup de mal à repigmenter un vitiligo.

Une autre idée véhiculée à tort, c’est que les personnes qui ont un vitiligo pensent qu’ils vont avoir plus de risque de faire un cancer de la peau, ce qui est faux. Les personnes vont avoir plus de risque de faire des coups de soleil, certes. Mais celles qui ont un vitiligo ont 3 fois moins de risque que les personnes qui n’ont pas de vitiligo de développer un mélanome.

 

Photo : © Getty Images

Nom de l'auteur : Igor Strauss / Priorité santé

Producteur : RFI

Année de copyright : 2016

Publié le 30/11/22

Modifié le 23/07/21

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