Le "revenge porn", une pratique lourde de conséquences.

Decod'actu - saison 5

Publié le 22/04/20Modifié le 27/04/20
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S’envoyer des photos sexy en ligne est de plus en plus courant. Mais parfois, ça dérape ! Ce que l’on pensait « privé » se retrouve tout à coup partagé publiquement sur les réseaux sociaux. Bienvenue dans l’ère du « revenge porn. »

De quoi s’agit-il exactement ?

Le « revenge porn » est une pratique qui consiste à diffuser des images ou des vidéos à caractère sexuel sur les réseaux sociaux ou des sites Internet, sans l’accord de la personne concernée.

En février 2020, une affaire de « revenge porn » a fait la Une des journaux. Un artiste russe a diffusé des vidéos intimes de Benjamin Griveaux, ancien ministre et candidat à la mairie de Paris, afin de nuire à sa réputation.  Avant lui, d’autres célébrités, surtout des femmes, ont retrouvé des images d’elles nues exposées publiquement. C’est le cas de la chanteuse Rihanna, de la nageuse professionnelle Laure Manaudou, ou de l’actrice américaine Jennifer Lawrence.

Mais pourquoi ce phénomène se développe ?

Avec l’utilisation des réseaux sociaux, les jeux sexuels virtuels se banalisent. Surtout chez les jeunes. Selon un sondage IFOP, alors que seuls 2 Français sur 10 avouent s’exciter en ligne entre partenaires, les jeunes de moins de 30 ans sont plus de 4 sur 10 à le faire. Et ces pratiques dérapent parfois en cyberharcèlement.

4 % des Français indiquent avoir déjà publié ou partagé des images compromettantes. C’est peu, mais c’est 2 fois plus qu’en 2014. Le nombre de victimes de vengeance pornographique n’est pas mesuré avec précision. Mais selon une étude réalisée auprès de 500 jeunes Français de 18 à 30 ans, 2 % déclarent en avoir été la cible. Lors du confinement lié à la pandémie de Covid-19, on a assisté à une recrudescence des vidéos et de photos de « revenge porn », notamment sur Snapchat.

Quelles sont les conséquences de cette pratique ? 

Selon les quelques études existantes, des victimes de « revenge porn » ont développé une perte de confiance, de l’anxiété, voire des pensées suicidaires. La vie sociale et publique des victimes peut aussi être chamboulée. Suite à la publication de ses vidéos intimes, Benjamin Griveaux a par exemple renoncé à briguer la mairie de Paris. En France, les sanctions pour les auteurs de « revenge porn » peuvent être lourdes. Depuis 2016, la loi prévoit jusqu’à 2 ans de prison et 60 000 euros d’amende.

Comment se protéger ? 

Chacun peut adopter des réflexes simples. Tout d’abord, ne pas envoyer d’images intimes de soi sans le consentement du ou de la destinataire. Cela peut être considéré comme du cyberharcèlement. Ensuite, ne jamais prendre de photos comportant à la fois son visage et ses parties intimes. Enfin, on peut aussi refuser de regarder et de partager des contenus compromettants, et les signaler. En protégeant les autres, on se protège soi.

Réalisateur : Maxime Chappet

Nom de l'auteur : Delphine Tayac

Producteur : France Télévisions

Année de copyright : 2020

Année de production : 2020

Année de diffusion : 2020

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