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Le massacre de Soweto pendant l'apartheid

RFI

Publié le 15/11/19Modifié le 27/02/20
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Dans la banlieue de Johannesburg en Afrique du Sud, le 16 juin 1976, un soulèvement estudiantin a entraîné plus de 500 morts, des enfants pour la plupart. Le photographe Sam Nzima, dont l'un des clichés pris ce jour-là a fait le tour du monde, témoigne du massacre de Soweto.

Qu'est-ce qui a provoqué la révolte de Soweto ?

Arrivé au pouvoir en 1948, le Parti national afrikaner met en place le régime de l'apartheid. Pendant près de 50 ans, une ségrégation raciale stricte est imposée dans les lieux publics et le mariage interracial est interdit. En 1976, la révolte gronde dans les écoles noires de Soweto. Les élèves du secondaire protestent contre la décision du gouvernement de dispenser les cours en afrikaans, la langue parlée par les colons hollandais. A l'approche des examens en mai, la situation s'est tendue, avec des mouvements de grève qui affectent plusieurs écoles de Soweto.

Le témoignage de Sam Nzima, photographe présent sur les lieux

En 1976, Sam Nzima était photographe pour le journal The World et suivait le mouvement des écoliers. Lors du 40e anniversaire du massacre de Soweto, il témoignait sur l'antenne de RFI :

« On m'avait demandé de couvrir la marche des écoliers qui devait démarrer au lycée Naledi à Soweto. Nous y sommes allés et nous avons trouvé des élèves en train de faire des pancartes, sur lesquelles il y avait écrit : "Non à l'afrikaans". Les élèves sont ensuite descendus dans la rue et ont commencé à marcher. Je les ai suivis, c'était une marche pacifique. Nous sommes allés de lycée en lycée, jusqu'au parc Mofolo où leur leader, Tsietsi Mashinini a grimpé dans un arbre. Il leur a dit que c'était, ce jour-là, une manifestation pacifique, qu'il ne fallait rien casser. Mais en chemin, la police est arrivée et leur a dit de se disperser. Les élèves ont commencé à chanter Nkosi Sikeleli Afrika. A l'époque, cette chanson était interdite ! Je pense que c'est ce qui a provoqué la colère du commandant de police qui a sorti son pistolet et tiré dans la foule. Puis il a ordonné à ses troupes de tirer. Et la police s'est mise à tirer au hasard dans la foule pour tuer. Là, j'ai su qu'ils allaient les tuer. A l'époque, pour disperser la foule, on tirait dans le tas. »

Le massacre de Soweto, un tournant dans la lutte contre l'apartheid

Cinq jours après le début des émeutes, le gouvernement annonce officiellement 140 morts. Hector Pieterson, jeune garçon de 13 ans, est une des premières victimes de la répression policière. Sa photo, prise par Sam Nzima, fera le tour du monde. Publié dès le lendemain dans les journaux locaux, cette photo sera l'étincelle qui va mettre le feu à la poudrière des townships. Les émeutes se sont étendues à tout le pays. Elles marquent un tournant décisif dans la lutte contre l'apartheid qui trouve son aboutissement avec la libération de Nelson Mandela en 1990 et la fin de l'apartheid en 1991. 

 

Nom de l'auteur : Véronique Barral

Producteur : RFI

Année de copyright : 2017

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