Vidéo : La mémoire

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Recherche médicale45:36

audio - La mémoire

Les mystères du cerveau

Une vidéo pour aider à expliquer et faire comprendre des notions autour des spécificités de la mémoire.

Notre cerveau stocke, oriente, ou réactive les souvenirs, et parfois, notre mémoire nous joue des tours, on appelle ça « avoir la mémoire qui flanche ».

Des scientifiques cherchent à mieux comprendre le fonctionnement de notre cerveau car l’enjeu est important, en effet, les troubles de la mémoire concernent un nombre croissant de patients. Comment notre cerveau stocke-t-il les informations qu’il reçoit en permanence ? Peut-on améliorer sa mémoire, comment l’entretenir ?

Pr Francis Eustache, neuropsychologue, directeur de l’Unité de recherche U1077 de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) à l’Université de Caen/Basse-Normandie, directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE), directeur général du GIP Cyceron, président du Conseil scientifique de l’Observatoire B2V des Mémoires.

Pr Kamadore Touré, neurologue et épidémiologiste à la Clinique neurologique de l’Hôpital de Fann à Dakar au Sénégal.

En fin d’émission, nous faisons un point sur la lutte contre les médicaments falsifiés avec Jean-Louis Machuron, président de l’association pharmacie et aide humanitaire PAH, et créateur de l'ONG Pharmaciens sans frontières.

La mémoire : quelle est la part de l’inné et de l’acquis ?

Pour le Pr Francis Eustache, neuropsychologue, la mémoire est la fonction qui permet d’enregistrer, de conserver et de restituer les informations. Mais les situations où l’on apprend sont très diverses, comme apprendre à l’école ou apprendre à conduire. Dans ce dernier cas, c’est récupérer des informations qui ont été en partie automatisées. Mais c’est aussi se souvenir. Les souvenirs, on les place très haut dans la hiérarchie de la mémoire. Ils sont importants pour notre identité, et pour les relations que l’on a avec les autres. Des gens ont plus de mémoire que d’autres, mais une partie se travaille aussi. La mémoire va se spécialiser, comme par exemple pour des joueurs d’échecs ou des spécialistes de l’art qui deviendront incollables dans leur domaine.

Relire ses cours avant de s’endormir est bénéfique

Si l’on prend en exemple un étudiant, son sommeil est important, et s’il a une mauvaise qualité de sommeil pour diverses raisons, cela se répercute sur la mémoire. Le travail de consolidation se fait beaucoup la nuit. Relire ses cours avant de se coucher reste efficace et c’est connu depuis longtemps, et il faut également les avoir bien compris. Dans des expériences de physiologie, si on prive des personnes de sommeil et si on leur demande de rappeler les informations quelques jours après, une fois qu’ils ont récupéré du fait d’avoir mal dormi, ils sont de moins bonnes performances de mémoire.

Les différents cours appris doivent faire une cohérence, il ne faut pas que ce soient des éléments disparates. Il faut être capable d’en faire une synthèse, plus ou moins longue. Plus les cours auront été compris, plus il sera facile de les retenir. On ne retient que ce que l’on comprend en profondeur.

Maladie et perte de mémoire

De nombreuses pathologies peuvent atteindre la mémoire, pas forcément directement. La dépression par exemple peut engendrer ce type de problèmes. Est-ce que les médicaments, les antidépresseurs et les somnifères qui ont un impact sur la mémoire ou est-ce la maladie elle-même ? Il y a les effets de la maladie, mais également les traitements qui, à force, peuvent provoquer des troubles de mémoire. Les médecins sont conscients de cela. Il faut trouver un juste milieu pour soigner la maladie et faire en sorte que les traitements ne soient pas installés au long cours afin d’éviter les effets délétères sur la mémoire.

Pour le cancer, les traitements sont très lourds, et provoquent des troubles cognitifs. Chez les femmes qui ont un cancer du sein, elles décrivent un peu comme un brouillard mental, qui est lié en grande partie aux traitements qu’elles subissent, qui permettent souvent de les guérir car c’est un cancer maintenant qui est beaucoup mieux soigné.

Des consultations mémoire

On a toujours plutôt, en image, des personnes âgées qui viennent consulter, inquiètes pour la maladie d’Alzheimer, mais il n’y a pas que cela. Des gens plus jeunes, très diversifiés, se plaignent de leur mémoire, parce que la mémoire est un peu un thermomètre de notre vie mentale.

Une consultation mémoire se pratique dans un hôpital, dans un service, souvent de neurologie. Il va y avoir une discussion avec le patient, et son entourage s’il vient accompagné, le médecin va tenter de comprendre la situation, et à partir de là, effectivement, il va utiliser des tests de mémoire. A partir des résultats aux tests, une synthèse sera faite, puis d’autres examens seront faits, notamment en imagerie cérébrale, qui donnent des informations importantes, permettent de visualiser s’il y a des lésions ou bien une atrophie du cerveau.

L’ensemble de ces informations va permettre d’avancer ou non un diagnostic.

L’oubli, outil principal du fonctionnement de la mémoire

Le travail de notre mémoire, c’est de faire une synthèse, un tri, un remaniement en fonction de nos intérêts, de nos aspirations du moment, de notre statut qui évolue au fil du temps. Si par exemple on se rappelle avoir habité à Paris quelques années, on aura des souvenirs emblématiques de cette période, mais notre mémoire ne retiendra pas tout. C’est cela, le travail de la mémoire, c’est de construire quelque chose de cohérent en lien avec notre identité, qui elle-même se modifie au fil du temps. On n’est pas le même quand on a 20 ans, 40 ou 60 ans, et la mémoire nous accompagne en conservant des connaissances et des souvenirs qui sont emblématiques de nous-mêmes, mais en même temps, en oubliant une quantité absolument considérable d’informations.

 

Photo : © DR

Nom de l'auteur : Igor Strauss / Priorité santé

Producteur : RFI

Année de copyright : 2014

Publié le 12/08/22

Modifié le 24/02/22

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