Vidéo : La liberté d'expression et les repères éducatifs

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Cadre juridique05:36

La liberté d'expression et les repères éducatifs

Ceméa

Sophie Jehel, Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris-8 parle dans cette vidéo de l’ampleur des malentendus autour de la notion de « liberté d’expression.»

La question de la liberté d’expression en éducation aux médias

Elle n’est pas une nouveauté. Elle a été construite depuis 30 ans sur la question de l’information, et donc de la liberté d’expression. Depuis l’attentat contre Charlie Hebdo, ce qui a émergé dans la sphère publique, c’est l’ampleur des malentendus autour de la notion de « liberté d’expression.» Elle garantit un droit d’écrire, de diffuser des propos, dès lors qu’ils ne contreviennent pas à la loi. En France, la conception de la liberté d’expression n’est pas absolue, à l’inverse de ce qu’il en est aux Etats-Unis où tous les propos, y compris les propos haineux, peuvent bénéficier de la liberté d’expression. En France, ce type de propos est interdit par la loi. Mais en revanche, le blasphème, c’est-à-dire un discours qui critiquerait, qui ridiculiserait une religion  n’est pas interdit légalement. Il est donc possible de laisser en circulation dans l’espace public des propos, des caricatures qui tournent en dérision certaines pratiques religieuses, en général des pratiques particulièrement intégristes ou bien des pratiques qui viennent se confronter à des progrès qui relèvent du progrès social, notamment de l’égalité hommes-femmes.

Il y a ici un malentendu : s’il s’agissait de propos qui au-delà de critiquer une religion ou une doctrine religieuse à l’intérieur d’une religion, s’il s’avérait que ces propos ou ces pratiques critiquent en fait des personnes qui pratiquent une religion, et puissent être compris comme une incitation à la haine d’une catégorie de la population, alors là ce serait des propos qui seraient interdits par la loi.

Cette différence n’est pas toujours facile à comprendre, surtout pour des personnes, en particulier des adolescents, mais également des adultes, qui ont le sentiment que la représentation de signes religieux va venir stigmatiser toute personne relevant de cette religion.

Ici, le rôle de l’éducation aux médias est double : d’une part c’est de rappeler que la liberté d’expression en France n’est pas absolue, elle a un certain nombre de règles à respecter, que ce soit dans les journaux, sur les réseaux sociaux, qu’il s’agisse de journalistes ou bien de simples amateurs qui s’expriment sur des espaces publics, pas de diffamation, pas d’insultes, pas de propos haineux.

L’interprétation d’une image est multiple

Il faut également prendre conscience de la complexité des sens d’une image. La différence entre ce qui est propos discriminatoire et blasphème, pour comprendre la différence entre ces deux notions nécessite de travailler sur les images et essayer de comprendre que la réception d’une image peut être différente de l’intention qui a été celle du dessinateur. Une image peut avoir plusieurs sens, peut être interprétée de diverses manières, et que la façon dont elle est parfois reçue n’est pas en cohérence avec celle du sens initial. Cela est porteur de pacification et donc de tolérance aussi.

Pour arriver à faire comprendre cette complexité de la législation et de l’image, il faut libérer la parole, il faut accepter que dans la classe, puissent s’exprimer des propos qui ne sont pas forcément corrects, à condition bien sûr que ça reste dans une démarche d’explication et non pas une démarche de provocation ou d’incitation à la haine.  

Réalisateur : Ceméa

Nom de l'auteur : Ceméa

Producteur : Association Ceméa

Année de production : 2018

Publié le 18/05/21

Modifié le 03/05/21