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Entretien avec Jean-François Guégan

FOREDD 2021 : santé et développement durable

Jean-François Guégan est directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), et ancien membre du Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Il s’est notamment intéressé aux maladies infectieuses émergentes, et développe ici son point de vue sur les corrélations entre la santé publique et les changements de l’environnement.

Les liens entre dégradation de la biodiversité et apparition de maladies

Il existe des corrélations entre l’émergence et le développement de maladies infectieuses et la dégradation de l’environnement. Le virus Ebola, par exemple, dont l’apparition et la propagation ont été facilitées par l’importante déforestation en Afrique de l’Ouest. C’est pour cette raison qu’il faut utiliser une approche plus globale, et transversale, prenant en compte tous les enjeux des objectifs de développement durable.

Jean-François Guégan illustre aussi cela avec l’exemple de l’élevage de ruminants destinés à la production de viande rouge. Le développement de l’élevage, considérable à l’échelle mondiale, contribue au réchauffement climatique à hauteur d’environ 20%. Et ce, en raison notamment des éructations et des flatulences des animaux, qui produisent ainsi du CO2 et du méthane. Mais l’élevage est aussi responsable de la détérioration des espaces naturels, impactant par exemple les écosystèmes forestiers intertropicaux d’Amérique du Sud. Enfin, la consommation de viande rouge peut provoquer des problèmes de santé, à l’instar du diabète ou de complications cardiovasculaires.

De ce fait, le problème de l’intensification de l’élevage nécessite d’appréhender trois domaines différents : le changement climatique, l’érosion des écosystèmes naturels et de la biodiversité, et la santé. Impossible de traiter une problématique seule, sans prendre en considération les autres.

Le virus de la Covid-19, pas le seul déterminant de la pandémie ?

Comme l’explique le spécialiste, un virus seul ne peut causer la maladie. Pour cela, il a besoin d’être en quantité suffisante. C’est ce qu’on appelle un inoculum. De plus, d’autres facteurs entrent en compte. Le mode de nutrition, par exemple. Les populations à la nutrition la plus riche résistent généralement mieux à une infection.

Enfin, comme le montre la pandémie de H1N1 de 2009, la plupart des malades meurent en réalité de complications respiratoires, et non directement du virus. C’est le cas du virus de la Covid-19, qui n’est pas forcément la première cause de la maladie. Celle-ci est davantage provoquée par les complications bactériennes qu’elle engendre, qui sont donc aussi plus responsables des décès que le virus en lui-même.

Producteur : Réseau Canopé

Année de copyright : 2021

Publié le 30/11/22

Modifié le 08/06/22

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