Vidéo : Définir les troubles bipolaires

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Souffrances psychiques48:08

audio - Définir les troubles bipolaires

Cerveau : recherche et dysfonctionnements

Nous faisons un point sur cette pathologie autrefois appelée troubles maniaco-dépressifs. Se manifestant par des troubles de l’humeur (euphorie, peine, déprime), il est souvent compliqué de distinguer la dépression de ces troubles, entraînant alors un retard de diagnostic. Comment diagnostiquer la maladie ? Quelle prise en charge et quels traitements possibles pour les patients ?

 

Invités :

- Alice Vignaud, atteinte de troubles bipolaires. Pair-aidante et chef de projet chez Bipol Falret. Diplômée en Éducation Thérapeutique du Patient à l'Université Pierre et Marie Curie à Paris depuis Juin 2015.

- Dr Elie Hantouche, psychiatre et directeur du Centre des troubles anxieux et de l’humeur (CTAH) à Paris. Auteur du livre Sommes-nous tous bipolaires ? aux éditions Josette Lyon.

- Pr Arouna Ouedraogo, chef de service de Psychiatrie au CHU Yalgado Ouedraogo de Ouagadougou au Burkina Faso.

La bipolarité : vraie maladie par ses conséquences

Impossible de déterminer avec certitude la cause de cette maladie psychiatrique qui peut bousculer le patient et le précipiter entre exaltation et dépression. Avec ces troubles, pas de généralité : le tempérament, l’histoire individuelle, l’âge de déclenchement vont interférer tout comme les antécédents familiaux et l’hygiène de vie.

Beaucoup de préjugés collent à cette maladie. Un diagnostic rigoureux est fondamental pour offrir des solutions aux malades, dont la maladie peut plonger également les proches dans un profond désarroi.

Il y a 2 grandes formes de bipolaires, ceux qui sont épisodiques et ceux qui sont cyclothymiques. Quand on est bipolaire, on souffre de ces sautes d’humeur, et ce qui définit la maladie ce sont les conséquences au niveau stabilité, dépression, suicide, réactivité aux médicaments, impact sur le travail… C’est une vraie maladie par ses conséquences. 

Quels sont les troubles bipolaires ?

Alice Vignaud, atteinte de troubles bipolaires, explique que ses symptômes ont démarré par une « manie franche » : c’est-à-dire des périodes où l’exaltation est très forte, où l’on a des idées et des projets qui partent dans tous les sens mais que l’on n’arrivera jamais à terminer, avec une déconnexion de la réalité. La personne n’imagine pas qu’elle pourrait avoir une maladie psychiatrique un jour. Cette maladie est chronique et ne disparait pas, même en dehors des crises. Il y a ce que l’on appelle des symptômes résiduels comme des troubles du sommeil, une hyperréactivité émotionnelle, une vulnérabilité au stress.

Les facteurs à cette maladie sont multiples

Il y a d’une part une vulnérabilité génétique qui a été prouvée, des jumeaux ont plus de chances d’être touchés, si l’un d’eux a contracté la maladie, idem lorsque les deux parents sont atteints, on sait qu’il y aura une plus forte probabilité de la transmettre aux enfants.

Des facteurs environnementaux sont à prendre en compte, comme un cumul d’événements difficiles, ce qui a été le cas pour Alice Vignaud, présente sur ce plateau.

La prise de lithium est un des traitements pour soigner les patients. Il existe également des alternatives au lithium car tous les bipolaires ne répondent pas à ce médicament, il y a d’autres traitements combinés, des alternatives avec d’autres molécules.

On a repéré sur certains chromosomes des mutations qui disent que si vous les avez, vous êtes répondeur au lithium, cela est un pas énorme. A petites doses et bien donné, avec une bonne thérapie, ça peut suffire. Il faut deux années pour savoir si le traitement fonctionne, ensuite le malade décide. S’il se sent mieux, il n’y a pas de raison qu’il lâche le lithium.

Anticiper d’éventuelles rechutes

Il existe des facteurs qui peuvent déclencher une rechute : un décalage horaire, un changement de saison, une prise d’antidépresseurs, l’oubli du lithium, ou même des personnes toxiques. Pour chaque patient, il existe des points sensibles et on les repère : ne pas faire 4 ou 5 trucs en même temps, ne pas être en surmenage. Si le stress désynchronise le rythme du sommeil, cela peut également amener à la rechute. C’est là que les soutiens, les conseils sont importants, il faut respecter ses limites et ne pas les dépasser.

Le milieu de la psychiatrie est très stigmatisé, des gens vont voir un généraliste alors qu’ils devraient aller voir un psychiatre, pour aussi être bien diagnostiqués.

On parle souvent des personnes bipolaires qui vont mal, rarement de celles qui vont bien. Or, de nombreuses personnes touchées vivent bien mais ne le disent pas parce qu’elles sont stabilisés et elles travaillent normalement.

Les patients qui acceptent cette maladie sont ceux qui guérissent plus vite que ceux qui sont dans le déni ou la désinformation.

 

Photo : © Wikimedia / Cc-by-sa-3.0 / Booyabazooka

Nom de l'auteur : Caroline Paré / Priorité santé

Producteur : RFI

Année de copyright : 2018

Publié le 19/08/22

Modifié le 10/03/22

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