Vidéo : Algérie : la France crée une commission « Mémoires et Vérité »

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La République07:19

audio - Algérie : la France crée une commission « Mémoires et Vérité »

Les mémoires de la guerre d'Algérie

Vous souhaitez préparer un atelier sur la guerre d'Algérie, évoquer avec des jeunes adultes le travail de mémoire ? Voici un audio qui vous servira de ressource pédagogique.

 

Pour poursuivre ce travail de mémoire, la France a créé une commission qui rassemble les faits historiques. Ce serpent de mer a commencé dans les années 2000. Mais les deux pays ont des attentes différentes : si des excuses ont pu se faire dans d’autres pays, ce n’est pas l’attente principale de l’Algérie. 

Quelles sont les propositions et les attentes de chaque camp ? 

  • Du côté de la France : des actes symboliques, mais ni repentance, ni excuses. 
  • Du côté de l’Algérie : pas de demande d’excuses officielles, mais demande d’un traité d’amitié (qui semble être abandonné) pour définir des axes de mémoire communs.

Pour l’Algérie, c’est avant tout le refus de réécrire l’histoire 

La France souhaite obliger les algériens à voir des points positifs de la colonisation. Cette position est en totale opposition avec le mouvement politique algérien actuel et a provoqué le coup de colère d’Abdelaziz Bouteflika en 2005.  La question mémorielle est davantage un sujet franco-français plus que franco-algérien. En Algérie, la population est jeune et la moitié des algériens n’ont pas connu la période coloniale. De plus, pour l'Algérie, ce n'est pas la priorité aujourd'hui. La notion d’excuses est davantage liée à des questions d’état de droit et de démocratie, ce que n'est pas le régime actuel.

Une commission “Mémoires et vérité” entre l’Algérie et la France 

  • Avec la restitution des symboles : l’épée de l’Emir Abdelkader, le canon de Baba Merzoug, les archives d’avant 1970, la recherche des sépultures des disparus de la Guerre d’Algérie.  
  • Cela aurait pu être plus ambitieux, comme le proposait le Traité d’amitié, qui était sur le point d’être signé en 2000 avec le Président Jacques Chirac. Mais finalement abandonné au moment où la France souhaite affirmer le rôle positif de la colonisation. 
  • Il faut que la France reconnaisse sa responsabilité dans la mort d’Ali Boumendjel, de l’un des chefs de la bataille d’Alger et d’autres personnes du FLN, de l’usage de la torture et les disparus pendant la bataille d’Alger. 
  • Les archives un fantasme absolu : certains pensent qu'elles renferment des secrets inavouables, des trahisons, protègent des taupes... Peu de chercheurs algériens y ont accès et par peur d’être dépossédés, ils ne communiquent pas les leurs. 
  • Faire le point sur Oran en 1962, avec le massacre de plusieurs centaines d’Européens. C’est le terrain des discours de l’extrême droite française. En parler permettrait d’apaiser et de lever les zones d’ombres du côté Algérien. 

Un traité pour fêter le 60e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie ?  

Du côté de l’Algérie, au moment de l’interview, c’était encore incertain, du fait de la situation politique, du contexte sanitaire. La commission était également en attente des propositions algériennes. 

Nom de l'auteur : Christophe Boisbouvier

Producteur : RFI

Année de copyright : 2021

Publié le 23/03/22

Modifié le 30/03/22

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